29/07/2016

La newsroom, le nouvel atelier de la Renaissance journalistique ?

Aimer, c’est vivre dangereusement.

L’Italien de la Renaissance risquait naturellement l’amour,

comme il risquait le poison ou le coup de dague;

il savait aimer avec audace, méfiance et secret

Léon Blum

 

 

Depuis quelques années, les médias cherchent à tâtons le modèle d’organisation idéal, qui résulterait du nouveau paradigme de l’information, l’avènement des réseaux sociaux en particulier et du web en général, et d’un modèle économique probant.

Ces derniers temps, les rédactions d’information n’ont qu’un mot à la bouche : le web first. Force est de constater que cette idéologie du web first est à l’origine de certains maux qui pénalisent actuellement la presse écrite.

On entend par web first la volonté de donner la suprématie à l’immédiat en matière d’informations, en fabriquant un continuum d’informations relayé online.

Or, on observe aujourd’hui que les journaux qui tirent le mieux leur épingle du jeu, sont ceux capables de prendre de la distance, d’offrir un regard décalé sur l’actualité, ce flux ininterrompu d’informations, pour lui redonner sens. C’est ce que d’aucuns appellent l’offre reading first (priorité au lecteur).

Ce constat a le mérite de nous forcer à reconsidérer ce qui est devenu le web first, nouveau mantra des rédactions.

Et d’abord si le web est first, quelle place a donc le print ? Comment penser le print et l’articuler dans la chaîne de production éditoriale d’aujourd’hui ?

Sachant que la majeure partie des médias généralistes est aux mains d’une dizaine de groupes appartenant à de riches industriels qui ont fait fortune dans des domaines bien éloignés de la presse (transports, bâtiment, luxe, télécommunications…). Et que ces mêmes grands groupes possèdent les 3 types d’espaces media : la radio pour l’annonce, la télé pour montrer et la presse pour expliquer.

C’est à toutes ces questions que je me propose de répondre fort d’une expérience acquise depuis 35 ans dans mon métier de designer de l’information.

 

Que se passe-t-il ?

Comme nous le pressentons tous, nous abordons une nouvelle ère.

Et même si, comme les précédentes, cette ère ne s’annonce pas, il nous faut bien accompagner le réel en marche.

L’automatisation de certaines tâches grâce aux Technologies numériques a accéléré le rythme du travail, entraînant mécaniquement la chute du coût unitaire de chaque intervention. Ce phénomène d’ubérisation des moyens de production de l’information a profondément bouleversé les métiers, les spécialisations et les mentalités. Inéluctablement, les rédactions, poussées par le « faire plus, plus vite, moins cher », ont abandonné une organisation verticale strictement hiérarchisée et cloisonnée avec une division du travail (journalistes, typographes, correcteurs, secrétaires de rédaction, compositeurs de pages, photograveurs, etc.) à un modèle plus horizontal, plus court, nécessairement nouveau et en évolution continue. Et aujourd’hui, on constate que de plus en plus de rédactions s’orientent vers des plateformes de production transversales et modulables.

 

Pourquoi changer ?

Les technologies numériques sont venues bouleverser le temps et l’espace de l’information et de la communication. Nous sommes face à la mise en place d’un modèle inédit où les dispositifs numériques ont fait exploser la chaîne de production classique et les modes de communication. Où les rythmes de lectures sont cadencés par de nouvelles narrations, une « écriture globale » qui a assimilé tous les nouveaux outils technologiques et qui se déploie dans un continuum médiatique.

Bien entendu, si le modèle économique de l’ancien monde s’effondre, cette nouvelle ère s’accompagne d’un coût humain, technique, social, financier… Néanmoins, nous ne pourrons faire l’économie de réinventer notre métier, celui de faire le récit de l’information.

L’enjeu est de créer des dispositifs narratifs qui intègrent ce monde de la complexité décrit par Edgar Morin. L’autre enjeu, qui découle du premier, est de contrer « l’infobésité », cet océan qui charrie chaque jour des multitudes d’informations, de messages, ce que l’on appelle communément aujourd’hui des contenus (pour les distinguer des contenants, ces tuyaux du web). Autant de signes que le lecteur doit gérer puis digérer. Cet enjeu, vital pour les médias, consiste à retrouver dans ce flux continu d’informations où la dramaturgie est abolie, une tension, pour capter l’attention. Concevoir un récit dans une stratégie de l’attention, c’est retrouver cette capacité de créer une attente, un désir du lecteur. Un art du récit à l’ère numérique sans laquelle aucun business model ne tient.

 

Le web first oblige à créer une « newsroom »

Si l’on prend le web comme unité de première mesure informationnelle. La chaîne éditoriale qui en découle est celle de type Web first. Elle oblige à repenser l’organisation traditionnelle et à revoir ses méthodes, mutualiser certaines productions de l’information et en développer d’autres. Certains se sont lancés dans l’expérience d’une newsroom, une rédaction unique mutualisant les contenus quel que soit le canal de sortie de l’information.

Or, travailler en newsroom ne s’improvise pas. Rien à voir avec une rédaction classique de journalistes où l’on compile talents et où chacun s’exprime dans sa spécialité. Il s’agit, en premier lieu, de réinventer les pratiques et les méthodes et de bousculer les mentalités fossilisées par un conformisme solidement ancré.

 

Les conditions de notre mutation

L’organisation en newsroom des rédactions permet aux journalistes, designers, secrétaires de rédaction, infographes, développeurs, fabricants d’images, etc. de travailler d’une façon paradoxale c’est-à-dire de savoir accueillir l’aléatoire tout en suscitant la désobéissance.

Autrement dit, travailler hors de la norme, de l’habitude et des règles traditionnelles. À la fois de manière très rapide et dans un même mouvement, de travailler en îlot-autonome mais relié, connecté en permanence avec les autres.

Une fois encore, maîtriser cette ingénierie indispensable ne s’improvise pas. L’un des antidotes à l’ubérisation de l’information tient dans une exigence accrue dans le recrutement des journalistes. Plus globalement, dans la régénération des pratiques journalistiques en privilégiant, dans ou hors newsroom, la rigueur, la qualité, la rapidité, la fiabilité. Autrement dit, former toujours et encore les professionnels de l’information et adapter les outils numériques de la presse aux exigences d’un journalisme irréprochable.

Un constat que les éditeurs, les financiers et leurs actionnaires doivent admettre et dont ils doivent tirer les conséquences : arrêter de croire que créer des postes de manutentionnaires du web recrutera des lecteurs durables pour la marque du journal.

 

Comment préserver la valeur de notre métier ?

D’abord en misant tout sur la valeur humaine. Cette valeur s’articule sur les compétences, le tout chevillé par une organisation de soft-pouvoir (la nouvelle économie parlerait de co-construction) où la hiérarchie a été éliminée pour mieux s’appuyer sur l’autonomie de chacun et la participation de tous. L’organisation spatiale même de la newsroom répond à cet impératif d’être au centre de l’éco-système en installant le bureau du leadership au centre.

Cette organisation se nourrit d’une formation professionnelle permanente in situ, régulière et continue, et acceptée comme étant inhérente à la pratique professionnelle. Les technologies numériques de l’information innovent tous les jours, d’où la nécessité d’immerger les journalistes dans un système modulaire ouvert, un bio-système de la curiosité ouvert à la complexité du monde.

Du point de vue des investisseurs, c’est une ligne de coût supplémentaire mais une dépense nécessaire pour tirer tout le parti du numérique, qui rend le monde de plus en plus accessible en devenant de plus en plus intelligent.

 

Recréer la richesse de création d’un atelier de la Renaissance

Dans les ateliers de la Renaissance régnaient l’interdisciplinarité, la créativité et l’inventivité, le droit à l’expérimentation et l’insoumission. Il s’agit de retrouver cet esprit de créativité. Les newsrooms qui ont réussi, comme celle du quotidien Aargauer Zeitung, un modèle du genre, ou celle de Die Welt qui se divise en deux espaces, la Mine (les journalistes qui écrivent le contenu) et la raffinerie (les journalistes qui adaptent le fond à la forme), se construisent jour après jour sur le principe du « content first », la priorité du contenu sur le contenant qui le diffuse.

À ce titre, au risque d’enfoncer une porte ouverte, l’espace sans limite du numérique permet au journaliste de s’exprimer sans contrainte de place. Or, on constate ici le renversement du paradigme pour des milliers de journalistes « dressés » par leur école de formation à adapter leur article au moule dans lequel ils écrivaient au caractère près. Il s’agit d’une véritable révolution culturelle pour des professionnels qui ont toujours réfléchi en fonction de la forme pour créer le fond.

L’ambition qui doit nous guider est de donner le meilleur service possible pour chaque lecteur. Là aussi, il est nécessaire de reconsidérer le lecteur. Il s’est transformé, ce lecteur, au contact des réseaux digitaux : il s’est approprié les identités multiples que lui permet le jeu des pseudos et des comptes personnels. Il est un et en même temps multiple, cumulant l’appartenance à de multiples communautés. Parisien, électeur de gauche, amateur de football, intéressé par l’actualité financière, etc. ; ou femme, habitant un village des Alpes, curieuse de recettes de cuisine, experte des questions de psy sur la question des ados, randonneuse, adepte de services collaboratifs, fan d’un groupe de hard rock, etc. Il faut pouvoir satisfaire ses multiples identités.

 

La fin du petit chef

Dans cette newsroom idéale, l’organisation du travail et les relations sociales sont bouleversées : à l’exception des cadres dirigeants qui fixent la stratégie, la hiérarchie verticale, on l’a dit, n’a plus sa place. Certes, il reste nécessaire de conserver une autorité de référence et un fédérateur de la responsabilité collective. Ce dernier est au centre de cette newsroom, plus exactement il travaille parmi sa rédaction. Non plus des petits chefs arrogants, assis dans des bocaux en verre, non plus des bureaucrates avec un “lapis“ à l’oreille. Mais c’est la fin du management intermédiaire, des sous-directeurs et de ses adjoints, et celle des technocrates du métier qui supervisent sans faire, caractéristique notamment de la chaîne éditoriale jusqu’à aujourd’hui.

Dès lors, ce n’est plus la vision d’un seul ou d’une oligarchie parasitaire qui s’exerce dans ce nouvel espace transverse et modulaire, mais une production co-construite, embarquée par un leader aux côtés de ses équipes. Non plus des chefs qui regardent la cordée de la chaîne éditoriale de l’extérieur, mais des leaders cultivés et qui sont à la tête de la cordée.

Bien sûr, ceux qui maîtrisent l’ingénierie technologique ont toute leur place au cœur de la newsroom : le responsable de l’informatique éditoriale dans le cas d’un média, mais aussi chacun des acteurs a la sienne, fondée sur une co-exigence de responsabilité et d’innovation.

Quant au journaliste, il fera toujours des enquêtes, des reportages, il sera toujours le témoin de son temps… Il devient prescripteur pédagogue auprès de son lecteur, en partageant son travail sur des réseaux sociaux et des sites de recommandations, tout en s’en démarquant par son exigence de vérifier, d’authentifier, d’analyser, et d’anticiper. Il cherche la relation avec son lecteur.

Du point de vue de l’éditeur, l’objectif économique est que le média redevienne un objet incontournable pour le lecteur, où il doit trouver tous les types d’informations et de services. Pour cela, il doit y trouver ce qu’il cherche et surtout ce à qu’il ne s’attend pas. C’est cette surprise informative qui va se révéler indispensable à la satisfaction, au partage et partant à la fidélisation. Attention alors au recours marketing des traçages de navigation pour détecter des éventuels nouveaux intérêts du lecteur à suivre.

Ainsi, ce nouveau média-plateforme, fabriqué avec une logique de co-construction, partage le meilleur de ses contenus via les différents réseaux sociaux, se déploie via une myriade de passerelles et contribue jusqu’aux communautés de pensées.

 

En conclusion

La newsroom est la cheville ouvrière d’un nouveau contrat de lecture qui s’impose au-delà de toute charte ou feuille de route, à tous les membres de la rédaction et dans tous ses aspects : éditorial, fonctionnel, ergonomique, visuel, etc. La gouvernance d’une telle rédaction doit s’inspirer de l’art des maîtres d’atelier de la Renaissance dont la priorité était de stimuler la créativité de leurs équipes. En ce sens, la newsroom doit se penser comme une forme d’organisation du travail, au-delà du post-moderne : égalitaire, libérale-libertaire dans une recherche permanente de co-construction. Les privilèges, les terrains de compétence exclusifs n’y ont plus leur place. Reste, partagé par tous, l’exigence renouvelée et la certitude de construire un nouveau journalisme. Un « open journalisme » ?

 

 

Nata Rampazzo (Paris 2016)

09/10/2015

Nata Rampazzo en portrait dans le Journal du Grand Paris

Le temps d’une interview, le Journal du Grand Paris est entré dans l’univers de Nata Rampazzo, fondateur de l’agence Rampazzo & Associés depuis une trentaine d’années. Le directeur de la création retrace son parcours professionnel et explique sa vision de la société, et plus particulièrement du monde du « design de l’information ». Téléchargez l’article ici


26/03/2015

Créons aujourd’hui la mémoire de demain

Dans cette vidéo, Nata Rampazzo, fondateur et directeur de la création de l’agence Rampazzo & Associés, présente la première plateforme participative dédiée au patrimoine photographique des Français : françaisenphotos.fr. Ce nouveau concept permet aux Français de participer à la mémoire collective de la France et de laisser une empreinte personnelle dans l’histoire. La vidéo a été diffusée au Salon du Livre 2015, en ouverture du débat sur « Notre mémoire en images, un récit collectif à partager ».

 

19/03/2015

Imprimerie : les modèles gagnants, la stratégie de trente imprimeurs passée au crible

SKM_C364e15031910330Le 26 mars 2015, la Fédération des SCOP de la communication et le Groupement des Métiers de l’Imprimerie (GMI) et en partenariat avec l’Institut de Développement et d’Expertise du Plurimédia (IDEP) organise une journée de conférence sur « Imprimerie : les modèles gagnants, la stratégie de trente imprimeurs passée au crible ». A cette occasion, Nata Rampazzo interviendra dans le colloque  « excellence et diversification, clés d’une filière graphique transformée » en tant que designer graphique et concepteur éditorial chez Rampazzo & Associés. N’hésitez pas à y faire un tour !

 

Centre de Conférence Edouard VII – Paris 9e
10h00-16h00 – Programme ici
Entrée libre. Aucun frais d’inscription mais le nombre de places étant limité, réservation obligatoire.
Inscrivez-vous ici

 

18/03/2015

Retrouvez Les français en photos au Salon du Livre à Paris

À l’occasion du Salon du Livre qui se tient du 20 au 23 mars 2015, le site Les français en photos invite les visiteurs à créer la mémoire de demain en partageant leurs photos de l’évènement !EXE_flyerFrancaisphotos_salondulivre2015_rectoBDEXE_flyerFrancaisphotos_salondulivre2015_versoBD

10/03/2015

Créons aujourd’hui la mémoire de demain : témoignez à l’occasion du Salon du Livre

À l’occasion du Salon du livre qui se tiendra du 20 au 23 mars 2015, le site françaisenphotos.fr, initié par Rampazzo & Associés, invite les visiteurs à créer la mémoire de demain et à partager leurs photos du Salon du livre.

En clôture du Salon du livre, lundi 23 mars*, l’agence Rampazzo & Associés organise également une rencontre sur « Notre mémoire en images, un récit collectif à partager » à laquelle participeront des personnalités de la presse et des experts des tendances numériques.

 

 

cp_salon_du_livrecp_salon_du_livre

24/11/2014

Les techniques du brand journalism : des méthodes pour créer de l’attachement entre une marque et son public

Déjà bien implanté aux États-Unis, le journalisme de marque, plus connu sous le nom de brand journalism, est une technique de plus en plus utilisée en France. Cette tendance phare de la communication consiste à s’appuyer sur la crédibilité et l’influence des médias pour déployer une stratégie d’entreprise. Explication en quatre points clefs.

 

Un marketing de contenu à visée stratégique
Le brand journalism se situe à la croisée du journalisme et de la communication éditoriale. C’est parce que le marketing traditionnel – reposant sur la publicité – a diminué en efficacité pour promouvoir les produits et services des entreprises que les agences de communication ont inventé une autre manière de valoriser les marques. En produisant des contenus intéressants, intelligents, divertissants, et surtout, déconnectés d’une approche produit, les entreprises ont pu renouer le contact avec des consommateurs agacés par les messages publicitaires intrusifs. Si le contenu est roi pour les adeptes du brand journalism, c’est parce qu’il permet de crédibiliser le discours d’une marque et de se différencier dans la multitude d’informations auxquelles on est chaque jour confronté.
L’élaboration des contenus n’est cependant pas une fin en soi puisqu’ils sont avant tout conçus pour répondre à des objectifs stratégiques, qu’il s’agisse de capter l’attention de nouveaux publics, d’informer et fidéliser les clients, ou d’améliorer la visibilité des entreprises. Toute la difficulté pour les agences de communication consiste à traduire des enjeux économiques, parfois très abstraits, en contenus attractifs pour les consommateurs.

 

Une française du magazine Coop
En 2014, Rampazzo & Associés a orchestré la refonte de Coop, un consumer magazine trilingue, en proposant des contenus en lien direct avec l’univers de la société coopérative leader de la grande distribution en Suisse (alimentation, santé, bricolage et loisirs, etc.) de façon à mieux s’intégrer à la politique de communication globale de l’entreprise.

 

 

Créer une culture de marque porteuse de sens
Contrairement à la communication publicitaire, dont l’objectif premier est de susciter des comportements de consommation, le brand journalism a pour dessein principal de construire une culture de marque. Cette forme de communication doit permettre de nourrir le territoire de la marque et d’incarner ses valeurs : elle n’agit donc pas tant sur les pratiques des consommateurs que sur leurs représentations. C’est une stratégie de long terme qui utilise tous les attributs d’une marque (ses produits, son histoire, sa philosophie, ses égéries) pour créer un univers imaginaire auquel le public peut adhérer. Cette forme de communication permet d’améliorer la notoriété et la réputation de la marque et de constituer une communauté d’individus qui se reconnaissent dans son image et lui font confiance.
Avec l’émergence des technologies numériques, les firmes ont pu se passer des chargés de relations publiques et prendre la parole directement. Les marques sont devenues leur propre média, si bien qu’elles ont pu développer tout un écosystème communicationnel pour être présentes tout le temps et proposer un contenu qui sort du périmètre classique de la marque pour donner à penser au public.

 

Les Cahiers de Ernst & Young - Anticiper
Ernst & Young fait confiance à Rampazzo & Associés, depuis 2006, pour réaliser Les Cahiers EY, des ouvrages collectifs annuels qui permettent de mieux comprendre les enjeux de la vie financière, en les replaçant dans un cadre global et en les éclairant par les dernières avancées dans les sciences sociales, par exemple sur la question du progrès, du partage ou de l’anticipation. En montrant la capacité du grand cabinet d’audit à voir plus loin que son propre horizon, Rampazzo & Associés a aidé, par le biais de ces publications, à accroître la légitimité d’Ernst & Young et à asseoir son image de marque.

 

 

Le choix de la qualité journalistique
Avec le brand journalism, on s’éloigne de la publicité classique : pas de pitch, pas de jingle, pas de promotion de produits. La promotion de masse, avec son discours universel et réducteur, laisse place à des contenus complexes, originaux ou émouvants qui se distinguent par leur qualité. Le storytelling est très largement utilisé pour capter l’attention du public. En racontant l’histoire des marques et des personnalités qui ont aidé à leur succès, on crée une mythologie plus ou moins authentique qui permet de faire entrer dans l’univers de la marque et de séduire le public.
Les équipes rédactionnelles sont particulièrement légitimes pour concevoir des contenus pertinents et intéressants : journalistes, graphistes, iconographes et secrétaires de rédaction sont en effet habitués à travailler de concert pour organiser et hiérarchiser les contenus, scénariser l’information, varier le rythme et les traitements et proposer des contenus adaptés au print, au web et aux réseaux sociaux. C’est pour ces compétences que les rédacteurs et designers d’information sont de plus en plus recrutés pour faire de la communication d’entreprise, et ce d’autant plus que les marques cherchent à être de plus en plus transparentes avec un public fatigué des discours exagérément positifs.

 

01-COUV.indd
En 2009, lorsque Rampazzo & Associés a élaboré la nouvelle formule du magazine àParis, trimestriel municipal de la ville de Paris, l’agence a pu faire valoir ses compétences en design de presse pour concevoir une nouvelle identité, un design plus visuel et un déroulé plus rythmé pour le magazine.

 

 

Faire émerger une communauté d’affinités grâce au marketing relationnel
Les entreprises ont pris conscience de l’importance de la relation qu’elles entretiennent avec leurs clients. C’est pour les fidéliser qu’elles cherchent à personnaliser leur communication, grâce aux nouvelles technologies facilitant des interactions plus directes. Les marques cherchent à construire une véritable communauté en engageant une conversation avec leur public, ce qui leur permet de mieux le connaître, de prendre de meilleures décisions économiques et de développer des liens affectifs avec lui. C’est un investissement stratégique dans la mesure où les médias traditionnels n’ont plus le monopole de l’information : tout le monde peut désormais assumer le rôle de leader d’opinion en commentant ou partageant les contenus qu’il consomme sur différentes plateformes. Séduire un public par la qualité de ses contenus et le rendre actif sur les médias sociaux fait donc partie intégrante du brand journalism.

 

logo_manifeste_paris_librairies

logo paris


En 2013, Rampazzo & Associés a accompagné le lancement de l’association Paris Librairies : en créant l’événement lors d’une opération de guérilla marketing relayée sur les réseaux sociaux et sur un mini site web, l’agence a participé à informer et mobiliser le public. La conception d’un site web permettant de géolocaliser un livre avant de le retirer en librairie s’inscrit par ailleurs dans une stratégie de personnalisation de la relation entre Paris Librairies et ses clients.

 

 

Le brand journalism transforme les contenus en instruments de mise en relation avec un public. En déployant un univers de marque qui suscite l’adhésion du public, les entreprises développent une stratégie d’image qui est un investissement de long terme.

14/02/2014

Nata Rampazzo et Peter Rothenbühler interviennent sur les mutations de la presse dans le « Nouvel Observateur » du 13 février

Télécharger le PDF de l’article ici

Nata Rampazzo et Peter Rothenbuhler évoquent les mutations de la presse

Nata

Rampazzo et Peter Rothenbuhler évoquent les mutations de la presse

30/01/2014

Portes Ouvertes de l’EMI, samedi 1er février 2014

Comment donner envie de lire au public d’aujourd’hui ? Si la question vous intéresse, venez rencontrer les équipes pédagogiques de l’École des métiers de l’information (EMI).

Lors d’une conférence intitulée « Réinventer la lecture et le geste qui l’accompagne », Nata Rampazzo, graphiste et éditeur, nous propose de réfléchir ensemble à l’évolution des médias, à partir de trois paramètres : la pensée complexe, l’analogie comme stratégie d’organisation de l’information et la mobilité permanente. Il vous expliquera que les technologies numériques sont à l’origine de la plus grande révolution anthropologique depuis l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, ce qui doit nous pousser à inventer de nouvelles manières d’organiser la pensée. Et pour lui, cela ne pourra se faire sans une restructuration des rédactions afin d’insuffler une dynamique collective dans une chaîne éditoriale et graphique aujourd’hui très hiérarchisée et spécialisée par métiers.

 

Nata Rampazzo est, entre autres, un des principaux acteurs des nouvelles formules de presse et le co-fondateur des Éditions des Mille et une nuits…

 

Venez-nous retrouver à l’École des métiers de l’information
7-9 Rue des Petites Écuries
75010 Paris

 

Visiter le site de l’EMI, ici

Cliquez ici pour visionner la conférence de Nata Rampazzo.

10/11/2013

Des élèves racontent Wagner avec une narration transmédia

Dans le cadre de son cours sur les nouvelles narrations à la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD), Nata Rampazzo a fait travailler les élèves de troisième année de la filière communication visuelle option espace-média sur un journal d’impressions du Wagner Geneva Festival, organisé du 26 septembre au 5 novembre 2013 à l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur.

 

En s’inspirant de leurs rencontres avec des artistes et des commissaires d’expositions ainsi que de leurs observations du festival et de ses coulisses, ils ont conçu un livre-accordéon de 800 cm de long sur 40 cm de haut afin d’interroger la circulation et la transmission de l’œuvre du compositeur.

 

Par ailleurs, la conception d’un site internet leur a permis d’approfondir l’idée d’œuvre d’art totale, associée à Wagner car il ne considérait pas que la musique se suffisait à elle même et convoquait aussi le mouvement, la poésie et les arts visuels pour exprimer son sens artistique.

 

En réalisant un livre et un site, les élèves en communication visuelle ont pu raconter leur expérience du festival en mobilisant des notions abordées en cours. Les réflexions sur la narration transmédia les ont poussés à ne pas uniquement juxtaposer le son, l’image fixe ou animée et le texte, mais à concevoir un projet global où tous ses médias entrent réellement en résonnance et s’agencent pour former un tout unifié, comme une porte d’entrée dans un univers.

23/10/2013

Rampazzo & Associés participe au séminaire annuel du Pôle Nature et Territoires du groupe Bayard-Milan à Saint-Brieuc le 22 octobre 2013

À l’occasion du séminaire annuel du Pôle Nature et Territoires de Bayard-Milan à Saint-Brieuc, Nata Rampazzo est invité, en présence des rédacteurs en chef et des directeurs artistiques, à animer la réflexion éditoriale et graphique de l’ensemble des titres suivants : Terre sauvage, Alpes magazine, Pyrénées magazine, Bretagne magazine, Destinations et Thalassa.

 

25/09/2013

Peut-on proposer de l’information de qualité à l’heure du low cost numérique ?

Le 20 septembre 2013, Nata Rampazzo est intervenu au troisième rendez-vous d’Aqui.fr sur le thème « L’information de qualité à l’heure du low cost ». Réunis au Rocher de Palmer, en Gironde, des éditeurs et chercheurs français (Roland Cayrol, Jean-Marie Charon, Éric Scherer, Pierre Haski, entre autres) ont débattu sur le bouleversement des conditions de création de l’information engendré par internet. C’est en effet à un paradoxe que sont confrontés les journalistes : alors que produire de l’information de qualité demande un investissement important, ce sont la gratuité et l’immédiateté qui priment sur le web. Face à la pénurie des financements et à la toute puissante de l’information en continu, les journalistes essaient de renouveler les formats et d’inventer de nouvelles démarches professionnelles plaçant la participation au centre des dispositifs informationnels.

 

Cliquez ici pour lire la présentation du séminaire d’Aqui.fr 2013.