7/10/2009

–› Exposition « Du point au pixel »

Exposition, Veille/Formations — Martin @ 11:21

Au baptistère de San Pietro, « Du point au pixel », l’installation vidéo de Nata Rampazzo, à travers 30 années de travail (peintures, scénographies, illustrations…), la révolution qui a conduit des outils traditionnels aux techniques informatiques : du pinceau à la souris, de la toile à l’écran, la créativité a tracé sa voie. Voici quelques images issues de la vidéo :



Illustration Musicale par Luca Minchillo, (voir son site).


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Le catalogue de l’exposition « punto&pixel » Asti 2.009 a été concu et réalisé par Marion Brisson (le blog de maomas).


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Nata Rampazzo Maestro del Palio di Asti 2009, a aussi réalisé l’étendard, (voir le site de la ville).

Voir aussi notre article sur l’exposition « Design de presse » organisé par Rampazzo à Asti

29/9/2009

–› À Asti, R&A organise une table ronde sur la crise de la presse

Le 19 septembre dernier, dans le cadre de l’exposition sur le design de la presse également organisée par notre agence, une table ronde sur l’avenir de la presse a rassemblé à Asti directeurs de journaux, journalistes et correspondants européens.

« Crise de la presse : comment s’en sortir ? », tel était l’intitulé général des débats. Parmi les questions débattues : les nouvelles habitudes de lecture, les modes de consommation de l’information, le développement du modèle hyperlocal et l’interactivité permanente. Quel est l’impact de la mutation du design dans les « news » et l’importance de la mise en scène de l’information à l’époque du « mix-media » ? Quelles sont les solutions et les modèles de la presse à l’ère du Web ? Ces changements rendent-il le journal papier obsolète ?

Cette table ronde était animée par Nata Rampazzo, directeur artistique de la société Rampazzo & Associés.

Les différents intervenants présents autour de la table étaient : David Guiraud, directeur général du quotidien Le MondeLuciano Bosio, directeur de la communication, de la stratégie et des études du groupe Figaromedia ; Pierre Gironde, directeur des rédactions du groupe La Montagne-Centre France ; Jean-Pierre Caillard, PDG du groupe La Montagne-Centre France ; Jurek Kuczkiewicz, adjoint à la rédaction en chef du quotidien belge Le Soir ; Werner De Schepper, journaliste suisse, ex-directeur de Blick, rédacteur en chef adjoint de l’Aargauer Zeitung ; Jean-Christophe Rampal, rédacteur en chef du magazine Ulysse ; Gérard Desportes, cofondateur de Mediapart ; Philippe Ridet, correspondant du Monde en Italie ; Eric Jozsef, correspondant de Libération ; Dominique Dunglas, correspondant du Point. Et de nombreux journalistes de la presse italienne.

Quelques liens pour se faire une idée de l’événement :

– dans la page « Opinions » de La Stampa, le compte rendu de Vittorio Sabadin

– Sur le blog de Jean-Christophe Rampal, le texte cosigné par Werner De Schepper et Peter Rothenbühler sur la presse de proximité.

18/9/2009

–› À Asti, en Italie du Nord, R&A propose une exposition sur le design de presse

Du 18 septembre au 8 novembre 2009, à Asti (Piémont), se tient « Visible & invisible », une exposition sur les métiers du design de l’information, à travers les principaux quotidiens de langue latine. Le commissaire de l’exposition, Nata Rampazzo, directeur de création de l’agence, présente parallèlement, au baptistère de San Pietro, l’installation vidéo « Du point au pixel ».

Chaque jour, dans le monde, des millions de quotidiens sont imprimés et lus, et des millions de pages Internet sont créées et consultées. Ce sont des objets complexes. Si la dimension esthétique n’y est pas une fin en soi, elle y joue un rôle décisif.

Le rôle du designer éditorial est d’agencer de façon harmonieuse les divers signes qui composent un journal ou un site Web. Métier « invisible » aux yeux des lecteurs, mais qui contribue à rendre l’information à la fois lisible… et plaisante à lire. L’exposition offre au visiteur la possibilité de saisir l’indispensable travail de ces hommes et ces femmes de l’ombre, ces « passeurs » qui mettent en forme l’information produite par les journalistes, la rendent au sens strict lisible et attrayante pour le lecteur.
Métiers, typographie, formats, couleurs, textes, visuels… tous les thèmes abordés sont autant de préambules à la seconde partie de l’exposition, intitulée « Visible ». On y  présente le « produit » fini : les « unes » et les pages des principaux quotidiens de langue française, italienne, espagnole et portugaise.

Informations pratiques : Espace Vinci, Place Leonardo da Vinci, Asti, Italie.

Voir aussi notre article sur l’exposition « Du point au pixel » organisé par Nata Rampazzo à Asti

23/3/2009

–› Rampazzo & Associés forme 120 journalistes

Le passage au format tabloïd du Journal de Saône-et-Loire et du Bien Public a été l’occasion de former les journalistes des deux journaux sur la nouvelle maquette et sur les changements générés par ce nouveau format.
dscf2898Nouveaux modes de traitement de l’information, rapport de proximité avec le lecteur, importance de l’image, anticipation dans la gestion de l’information, passerelles avec le Web, etc. Notre approche est fondamentalement pragmatique afin de répondre au plus près aux besoins de la rédaction et des journalistes, comme nous l’avions fait pour Presse Océan et Réforme, entre autres.

5/1/2009

–› Mise au point d’un nouveau système de gestion des contenus pour l’hebdomadaire « Réforme »

Rampazzo & Associés a été sollicité pour trouver un système de gestion des contenus le plus approprié pour l’hebdomadaire protestant Réforme, tout en renforçant son identité et en permettant à ses collaborateurs de travailler ensemble. Un challenge passionnant pour notre équipe !



Étape 1 : l’audit

Nous avons commencé par effectuer un audit de l’existant : fonctionnement interne, répartition du travail, responsabilités de chaque poste, matériel et logiciels utilisés… Et proposer des axes d’amélioration, en concertation étroite avec les interlocuteurs de la revue.

Notre agence s’est donné pour objectif de trouver la solution la plus adaptée aux spécificités et aux moyens de l’hebdomadaire. Il nous fallait simplifier et optimiser le circuit de la copie en proposant un outil qui permette à plusieurs utilisateurs de travailler sur le même article, sur place ou à distance, tout en ayant une vision globale de la mise en page et de son avancement. Nous devions également prendre en compte le maximum de perspectives permettant ultérieurement des passerelles et des évolutions vers des possibilités de publication multisupport (Web, archivage).

Étape 2 : une gestion de contenus centralisée

Afin de permettre une gestion centralisée des contenus (à destination des supports print et Internet), c’est une solution Adobe InDesign/InCopy/Version Cue qui a été retenue par l’équipe de Réforme. Cette solution ne représentait pas d’investissement lourd et avait l’avantage d’être connue de la plupart des futurs utilisateurs. De plus, elle offrait la possibilité de rester ouverte à toutes évolutions ultérieures, ce qui est absolument nécessaire compte tenu des avancées technologiques.

Nous avons également adapté et amélioré la maquette, en maximisant la mise en scène de l’information, en enrichissant l’éditing par des outils adaptés, en hiérarchisant l’information… Les formes de maquette ont été réorganisées pour être utilisées sans compétence « graphique » et de façon autonome par l’édition. L’export vers le web se fait de façon quasi automatisée, ce qui constitue un gain de temps important. Réforme se recentre ainsi sur ses domaines de compétence clés en sous-traitant les tâches qui ne nécessitent pas chez elle des postes à plein temps (traitement des images, suivi artistique…).

Étape 3 : accompagnement et formation

Grâce à notre expertise de la presse et de la formation, nous avons accompagné « en douceur » toutes les modifications apportées au fonctionnement habituel et à la maquette en programmant plusieurs cessions de formation et en répondant à toutes les questions des utilisateurs.

15/12/2008

–› L’avenir de la presse, une affaire de volonté

Les très controversés Etats généraux de la presse auront suscité nombre de réactions, du moins parmi les journalistes, et l’agence n’est pas en reste… Dans la revue Medias (n°19 – hiver 2008) et sur Mediapart, Nata Rampazzo et Gérard Desportes livrent leur analyse et proposent de recentrer le débat sur le contenu et son inscription dans la révolution numérique.

Par Gérard Desportes (journaliste à Mediapart) et Nata Rampazzo (designer de presse).

L’anecdote, comme souvent, en dit plus long sur la crise de la presse française que tous les rapports sur le sujet : quand on se rend sur Newseum.org pour y consulter les unes des journaux du monde entier, on y découvre 648 titres envoyés d’Albanie, du Pérou, d’Inde, des Etats-Unis, d’Europe mais… un seul titre français ! Et pas n’importe lequel, La Tribune, c’est-à-dire le dernier quotidien national ayant fait l’objet d’une cession dans des conditions qui, là encore, sont révélatrices d’une activité qui emploie 400 000 personnes… et concourt à la démocratie.
On ne peut mieux signifier la spécificité de la crise de la presse française, son isolement et son « entre-soi » dépressif, elle qui est la plus subventionnée des pays occidentaux et la plus mal distribuée : dans toutes les écoles de journalisme, on apprend à être curieux mais un seul éditeur hexagonal croit utile d’appartenir à cette géographie du « quotidien monde » qu’est devenue le Web… Pourtant, à l’heure de la mondialisation, présenter sur Internet sa « une », qui constitue rien moins que la vitrine d’un journal, ce que ses équipes rédactionnelles offrent de vision, d’émotion, de compréhension du monde, de distraction, devrait être une ardente obligation pour chaque éditeur. Mais pas en France.
Les canards, comme les oiseaux, se cachent donc pour mourir. En décidant le 2 octobre de lancer des états généraux de la presse, Nicolas Sarkozy a sans doute pris une bonne initiative. Tout a été dit néanmoins sur la méthode qui consiste à imposer du sommet un groupe de pilotage de quatre personnes nommées par l’Elysée, encadré par les conseillers du Prince, sans que, ni la composition de ces groupes, ni la publicité des débats, permette de dire ce qui s’y passe. Et que penser d’états généraux sans le peuple lecteur ? Un mois a passé et rien. Ou plutôt, des indiscrétions, des rumeurs sur des secours financiers de l’Etat pour tel ou tel titre, tel secteur. On ne sait rien, en revanche, sur le fond et ce qui devrait être le débat de tous reste une affaire de spécialistes. Mais comment peut-on imaginer sauver un patient de sa neurasthénie sans ouvrir les fenêtres et lui faire respirer l’air du large ?
Bien sûr, la presse est une industrie, mais on ne fait pas un journal comme on fabrique une boîte de petits pois ; il s’agit aussi et surtout d’information, d’opinion publique et de culture. Comment escompter un sursaut sans que la question des contenus ne soit mise sur la place publique et discutée par les citoyens que ces enjeux intéressent ?

L’exception française est criante et elle n’est pas à notre honneur
Partout dans le monde, on expérimente, on invente les supports de demain, où chacun ira d’un lien hypertexte à une vidéo et d’une image à une base de données, sauf dans ces états généraux où l’on gère le patrimoine et accommode les restes davantage que l’on cherche à briser le cercle vicieux. Ce repli est suicidaire.
La révolution numérique accroît encore les écarts. À de très rares exceptions, les sites internet adossés aux journaux hexagonaux n’offrent qu’une pâle copie de ce qui se fait ailleurs. Il n’est pas nécessaire d’aller aux Etats-Unis pour s’esbaudir devant la richesse des contenus multimédia ; en Italie, La Repubblica, avec une vingtaine de sites, montre la voie de ce qu’il est possible de faire. En Espagne ou au Danemark aussi, les sites n’ont rien à voir avec ce qui se fait ou ne se fait pas en France. En termes d’arborescence, de place de la vidéo et de contenus sonores, d’interactivité, le fossé se creuse. L’exception française est criante et elle n’est pas à notre honneur. Cette défaite est collective. Il n’est cependant pas certain que, dans les arrière-salles de ces états généraux, on cherche à modifier le cours des choses. Il reste 70 quotidiens en France. Combien dans dix ans ?
En lançant les états généraux, le président de la République a évoqué la paupérisation du secteur et il a raison, la presse française se débat dans la misère. Le nombre des pages proposées à la lecture avoisine les 90 dans les standards internationaux, il n’est que de 32 chez nous. Les rédactions s’étiolent. Cette pauvreté se manifeste maintenant dans des domaines qui feront la différence demain, le visuel, les bases de données, la relation avec les lecteurs, et c’est grave.
Pourquoi le Web est-il considéré en France comme un média, et un média concurrent qui a coulé la vente des journaux papier, et non comme un outil qui pourrait transformer le métier, améliorant certes la productivité, mais permettant surtout de dégager des moyens pour les investir dans l’enrichissement des contenus ? Dans de nombreux pays, le Web a été placé au centre du travail des journalistes. Il est ici craint, voire diabolisé par les syndicats qui y voient une surexploitation des salariés et par les éditeurs qui ne veulent pas de structures horizontales. Pourtant, travailler en réseau réduit l’espace-temps, permet l’accès à des connaissances, favorise les échanges et crée de la richesse à tous les sens du terme. Mais pas ici. Par exemple, comment expliquer que le Web soit très peu utilisé par les journaux pour tester la communauté de leurs lecteurs (comme le font par exemple La Voix du Nord et Nord Éclair), proposer des sujets à la vente avant de les imprimer, interagir avec cette même communauté dans la couverture d’un événement ? Comment expliquer que le boucher ou le boulanger du coin connaît mieux ses clients qu’un journal ses lecteurs ? Cette façon de subir la crise dépasse l’entendement.

Comment ne pas s’interroger sur la médiocrité de l’interactivité ?
Et comment ne pas remettre en cause la formation telle qu’elle se pratique en France, toujours sur le même modèle, avec les mêmes techniques complètement dépassées. Nos fabriques de chômeurs envoient à l’abattoir des générations de jeunes, toujours plus diplômés. Quel éditeur a réagi pour tenter de prendre le train en marche ? Comment expliquer que très peu de Français se rencontrent dans les séminaires de formation qui s’organisent à Copenhague ou à Milan sur l’avenir de cette profession tandis qu’affluent de tout le continent des designers, des maquettistes, des graphistes multimédia et des journalistes ? L’absence de curiosité, l’uniformisation commence dès la formation. De nouveaux métiers apparaissent, par exemple des développeurs-journalistes, qui compilent des sources dans des bases de données pour en extraire des synthèses intéressant le public, ou des « editor-design » qui déclinent des contenus multimédia et les mettent en scène. Où sont-ils ?
Comment ne pas s’interroger sur la médiocrité de l’interactivité ici, quand par exemple deux cents bloggeurs contribuent à la confection du Gotenborg Post en envoyant au journal articles et photos. Et en Grèce, un journal comme L’Elefteros, grâce à son nouveau design plus dynamique, est parvenu à jeter un pont entre le papier et son site Internet, passant de 40 à 120 000 exemplaires par jour, en jouant sur cette relation nouvelle. Il n’y a aucune fatalité.

Un journal est d’abord une communauté
Tandis que partout dans le monde, on parle convergence des supports, mutualisation des contenus, intelligence collective, en France, on continue de penser catégories professionnelles, droits d’accès différenciés entre niveaux hiérarchiques, contenus spécifiques pour tel ou tel support. Les éditeurs et les rédactions ne parviennent plus à être des entrepreneurs, ils subissent leur propre histoire et il est probable que les journaux (au sens large) ne joueront plus le rôle qu’ils tiennent depuis la Révolution française. Extraordinaire paradoxe de ces états généraux censés voler au secours d’une profession alors qu’ils vont probablement en constater le déclin : éditeurs et journalistes doivent accepter les nouvelles frontières technologiques (avec les conséquences sociales qu’elles induisent sur la mobilité mais aussi sur le droit d’auteur) et les modifications en cours dans la transmission des savoirs et des connaissances. Un journal, quel que soit son support, papier ou numérique, est d’abord une communauté. La presse nationale l’a trop oublié. Malgré ses habitudes un peu « ringardes », comme on dit à Paris, la presse quotidienne régionale montre qu’elle demeure un creuset toujours actif, une réelle agrégation de savoirs, d’histoires, de mémoires bien vivantes. Bref, une communauté qui partage espace social et proximité d’information. Ce qui se passe à La Montagne — convergence du quotidien papier et d’une chaîne de télévision — indique un chemin que d’autres journaux dans d’autres régions empruntent déjà. Il en va de même sur certains sites, réseaux sociaux qui regroupent du texte, du son, de la vidéo en fonction de centres d’intérêts ou de lieux. La cohabitation de journalistes professionnels et de bloggeurs amateurs, le maillage des territoires, la fusion du global et du local, voilà les axes du développement.

Une nouvelle ère s’ouvre pour les quotidiens, qui doit leur permettre de retrouver un rôle moteur. Quel que soit le support, les journaux demeureront des vecteurs importants du développement local, de l’organisation de la société. A condition d’être dans le mouvement de la création, du partage technologique et des valeurs démocratiques… la qualité future d’un média consistera à s’intégrer en profondeur dans le territoire, à susciter toujours plus d’interactivité et de participation. Le journal sera mon journal. Et dans mon journal, j’en aurai plusieurs rassemblés.
Mais comme disait Senèque, « velle non discitur », vouloir ne s’apprend pas. Alors qu’importent les états généraux. Ils passeront. Des mesures d’urgence, de sauvetage, seront prises. Admettons. Mais il faut qu’en toute indépendance et avec une ferme volonté de réforme, éditeurs et journalistes imaginent ensemble de nouvelles manières d’organiser le travail et des relations inédites avec le lecteur.

–› Formation sur « Le renouveau de l’information locale dans la presse européenne »


Pour prolonger et approfondir le travail mené par l’agence avec la rédaction du quotidien Presse Océan (dans le cadre d’une refonte graphique), Nata Rampazzo, directeur de création de l’agence, et Werner De Schepper, consultant éditorial auprès du groupe de presse suisse Ringier Romandie SA, ex-rédacteur en chef de Blick, sont intervenus devant les journalistes de trois quotidiens du groupe Ouest France : Presse Océan (Nantes), Le Courrier de l’ouest (Angers) et Le Maine libre (Angers).

Au programme de cette journée de formation :

  • Les grandes tendances de la presse de proximité : éditing, mise en scène de l’info, rôle de l’infographie et de la photographie, mélange des genres, outils rédactionnels, rythme… Et son renouveau : proximité, urbanité, transparence, interactivité, participation et implication des lecteurs…
  • Présentation d’exemples de thèmes, de contenus d’article, de rubriques, de dossiers en provenance de journaux belges, suédois, français, italiens et suisses.
  • Des questions débattues en groupes de travail : Comment un journal peut être le lien social dans la ville et la métropole ? Recherche de nouveaux contenus d’information locale ancrés dans la société, puis simulation d’une séance de rédaction avec discussion des thèmes proposés et mise en scène de quelques idées retenues. Prolongation de ces idées sur le Web.

Nous sommes fiers de la réaction enthousiaste qu’a suscitée notre intervention :
« Un grand merci pour la formation de lundi qui a enchanté les journalistes et cadres présents. La formule associant la découverte des pratiques d’autres journaux d’Europe et la critique constructive de contenus types du Presse Océan actuel a été très appréciée.
Et la passion des intervenants a donné la tonalité que ce contenu méritait. Le design verbal était excellent […].
» Dominique Luneau, rédacteur en chef et directeur général délégué de Presse-Océan

28/10/2008

–› Réflexions sur la rédaction du futur

Glané sur le blog de Benoît Raphaël (intitulé « Demain, tous journalistes ? »), ce résumé des conclusions du « New Business Models for News Summit » qui s’est tenu le 23 octobre dernier à New York, sous la houlette de Jeff Jarvis.

Dans son compte rendu, le bloggeur insiste sur quelques idées clés : la rédaction de demain comptera seulement 35 journalistes . Par quel miracle ? Grâce à l’information en réseau (journalisme de liens, journalisme participatif, etc.). La nouvelle rédaction, délocalisée, sera recentrée sur son savoir-faire initial : le reportage de terrain, facilité par les équipements multimédia à la disposition du journaliste. Pour le reste, pensez « link ».

22/9/2008

–› « Libération » à la recherche de la (nouvelle) formule magique ?

Libération, Revue de presse — pierre @ 1:13

Un an après le lancement de la nouvelle formule réalisée par Rampazzo & Associés, le quotidien Libération dresse un bilan, nous apprend le site du Nouvel Obs.

Un mauvais sort semble s’acharner sur Libération : les ventes sont reparties à la baisse depuis le début de l’année 2008. À qui la faute ? Aux gratuits, à Internet, à la concurrence, à la crise… ? Difficile à dire, mais gageons que la nouvelle formule n’est pas en cause, dont le lancement s’était accompagné d’une relance du lectorat durant le 4e trimestre 2007. Son concepteur, Nata Rampazzo, lance une hypothèse pour expliquer les difficultés de Libé : « La symbiose avec le Web n’a pas été trouvée » (sur nouvelobs.com).

À la décharge de Libération, il faut noter que la presse française dans son ensemble traverse à nouveau une passe difficile, malgré une bonne année 2007 marquée par une hausse notable de la diffusion et du lectorat, notamment pour les newsmagazines. Sur la même période, comme nous l’apprend un intéressant rapport édité par la Direction du développement des médias, les revenus de la presse stagnaient, à cause des faibles rentrées publicitaires. Mais cette relative bonne santé n’aura pas duré ; depuis plusieurs mois, les grands quotidiens nationaux (Libération, Le Monde et Le Figaro) ont vu leurs ventes baisser. Alors oui, tout le monde est à la recherche de la (nouvelle) formule magique… Mais existe-t-elle ?

14/8/2008

–› E-publishing : mort du papier ou seconde vie ?

L’e-publishing, c’est la déclinaison numérique d’un journal sous toutes ses formes…

L’e-publishing permet de lire un journal sur de multiples supports : édition originale consultable à l’écran, édition en texte seul, version en PDF téléchargeable sur PC, version adaptée aux écrans mobiles (PDA, téléphone portable), version audio, podcast… Plus quelques options Web 2.0. pour faire bonne mesure : partage de liens, emailing des articles, blogging, etc.

Voyez la présentation très éloquente de la version électronique du Philadelphia Inquirer.

Mais allons plus loin : à tous les graphistes et éditeurs qui se plaignent de la pauvreté et des limites du webdesign actuel (notamment en termes typographiques), l’e-publishing offre d’étonnantes perspectives : le journal papier trouve ici une seconde vie, enrichie de possibilités interactives multiples.

Repenser le design de presse

Par-delà la simple copie numérique, le design de presse se doit de proposer de véritables créations élevées à la puissance multimédia. Exemples : cliquez sur la photo de une et vous voyez un diaporama ou un reportage vidéo ; l’infographie de la page 3, de statique devient animée ; l’entretien de la page 4 peut être consulté sous la forme classique (mise en page alliant texte et photo), sous forme audio ou sous forme vidéo. Au choix.

L’e-publishing signe donc le renouveau du design de presse. Il faut entièrement repenser les pages en termes interactifs. Une seconde vie pour le journal papier, conçue dès l’abord en fonction de son avatar numérique.

Mais à terme, que se passera-t-il ? Au prix du papier, de l’impression et de la distribution, le print sera-t-il encore économiquement viable, face à la version électronique ? Et si le journal papier disparaissait ? Gageons plutôt qu’il renaîtra, ressuscité par son plus cher ennemi : le bien nommé « e-Paper ».

Moralité : le design de presse a encore de beaux jours devant lui.

29/5/2007

–› Formats maison dans 20 minutes

20 mn

Dans l’édition du 24 mai 2007 de 20 minutes, on notera à la page « Médias » un article traitant des problématiques de formats dans de la presse quotidienne. Sollicité pour expertise, Nata Rampazzo a livré à ce sujet quelques réflexions assises sur les dernières interventions de l’agence auprès de rédactions que quotidiens nationaux ou régionaux.

16/3/2007

–› Comment optimiser le temps de lecture ?

Nata Rampazzo avait, en 2004, effectué une intervention aux Journées Jean-François de Salles organisées autour du thème « La lecture et le temps ». Voici quelques extraits de cette allocution, dont le contenu éclairera sur l’approche de l’agence dans le design de presse.

La contrainte du temps… un impératif dès la mise en place

• Les statistiques l’énoncent clairement : chacun consacre un temps limité à la lecture, et celle d’un journal est plus minutée, plus codifiée encore (24 minutes en moyenne pour un quotidien régional, 31 minutes pour un quotidien national, 49 minutes pour la presse spécialisée (médical, juridique, économie).
• Influencée par la concurrence des différents médias, notamment la fulgurante progression de l’usage d’Internet, cette pression temporelle conduit à une exigence d’efficacité.
Le Monde publie chaque jour, hors suppléments, environ 130 informations (sujets), allant de quelques lignes à la pleine page. Un lecteur ne peut absorber la totalité des contenus, équivalant en volume à un livre de poche.
• Notons que la contrainte du temps se manifeste dès l’achat : un kiosque peut compter jusqu’à 3 000 titres : il devient indispensable d’accrocher le regard, de se différencier, de se reconnaître vite, d’annoncer et de valoriser rapidement les contenus de “une”.

Gagner du temps par un contrat de lecture

• Faciliter la navigation pour que le lecteur trouve l’information qu’il souhaite dans un temps donné, et soit ainsi conforté dans sa volonté d’achat. Il faut éviter une frustration forte (pourquoi ai-je dépensé autant si je ne peux pas tout lire ?) par une navigation efficace qui apporte l’information “ de proximité ” cherchée par le lecteur.
• Obligé de faire un tri, le lecteur attend qu’on l’assiste dans cette tâche, en lui donnant des clés ciblant le type d’information, l’univers qui l’attire. Ces clés de tri sont notamment la hiérarchie mais aussi les modes de traitements.
• Cette prise en charge du lecteur est exemplaire dans la presse des gratuits : hiérarchie et repérages maximums, textes courts, outils rédactionnels multiples… qui optimisent sur chaque page l’organisation de l’espace et du temps.
• Cette organisation fonde un véritable contrat de lecture dans lequel les habitudes de repérage visuel du lecteur seront respectées. Stabiliser ces habitudes est un enjeu fort. C’est tout l’objet d’une charte rédactionnelle et graphique.

Comprendre et satisfaire les modes de lecture

Le design de presse, discipline à la jonction du journalisme et des arts graphiques, doit intégrer les réflexes du lecteur et, en premier lieu, les différents modes de lecture par lesquels il s’approprie progressivement (ou non) les contenus :
• La lecture globale, ou survol au feuilletage : une, rubriques, titraille, illustrations, signatures, rendez-vous (dessin, chroniques…),
• La lecture zapping : rubriques, titraille, chapeaux et intertitres, photos et légendes, les outils type encadrés,
• La lecture linéaire, du début à la fin du texte : incidence de la typographie, enchaînement logique et taille des colonnes.
• Face à ces différents modes de lecture, nous avons l’habitude d’examiner la conception d’une maquette sous deux axes : lecture horizontale, lecture verticale.
Mais avant toute chose, les choix typographiques qui ont une importance… capitale.

La typographie et ses règles : l’essence de la lisibilité

L’art de la lecture est d’abord lié à la forme. La typographie, c’est-à-dire concevoir et fabriquer les textes, influence directement la rapidité d’acquisition du lecteur.
• Choix des typographies : des familles de caractères différentes pour les titres (bâtons, avec taille et graisse en rapport avec leur fonction d’appel) et les textes (elzévir, ou à empattement, plus lisibles) ;
• Taille et type des caractères : en dessous du corps 9, tout caractère est difficile à lire ; les minuscules se lisent mieux que les capitales, des lettrines, ou des signes en début de paragraphe (flèches, puces…), accusent le départ et accélèrent le repérage ;
• Les niveaux de titres : un sous-titre bien mis en valeur met le lecteur en appétit… de même que de nombreux intertitres l’aident à avancer ;
• Les lignes creuses augmentent le taux de lecture, sauf en bas de colonne où elles soulignent l’arrêt ;
• La largeur des colonnes influence directement la vitesse de lecture (en deçà de 3,6 cm et au-delà de 16,7 cm, on lit moins vite…).

Vive la hiérarchie : pourquoi hiérarchiser l’information ?

Toute information doit être identifiée par son importance hiérarchique, c’est-à-dire :
• Un emplacement dans le déroulé du journal,
• Un format de traitement, rédactionnel et graphique,
• Une surface dans la page, en nombre de colonnes et en hauteur modulaire.
Ceci conduit à définir le statut hiérarchique de chaque information. Avant d’écrire, chacun doit savoir où il va écrire dans une construction donnée par chaque page, déterminant des règles de présentation inamovibles.
• Alterner les angles de traitement rédactionnel, afin de conserver l’intérêt du lecteur.
• Rythmer un journal avec des repères de lecture horizontaux forts : les pages d’ouverture de séquence, surmontées d’informations en balcon, y contribuent.
• Penser aux vertus de l’information par l’image car, avec les titres, les images et leur légende sont les premières informations perçues par le lecteur.

Améliorer la lecture horizontale par une navigation claire, agréable et rythmée

• Clarté : rendre accessible les contenus en soulignant l’architecture du journal (sommaire et rubriques,mini-sommaires en ouverture de section, signalisation des rendez-vous). L’utilisation de la couleur a aussi son rôle (différenciation des rubriques, fond de pages).
• Agrément : prodiguer un confort visuel par la gestion des blancs, les choix typo, l’utilisation de la couleur pour typer de pages, une gestion harmonieuse des publicités (pas de confusion avec les rédactionnels, définir une grille modulaire commune avec les rédactionnels), la création de circuits visuels simples à l’intérieur des pages.
• Rythme : gérer l’ordre d’apparition des différents types de sujets pour créer des changements de vitesse dans la lecture et réactiver l’attention : éviter l’effet tunnel par des changements de colonnages, des variations de systèmes d’ouvertures de section.
• Les 2 H : faire côtoyer l’horrible et l’heureux sur un même page = expression de la vie, de ses hauts et de ses bas. De même pour l’information, chaude ou froide : mixez les deux, et vous aurez des lecteurs heureux…

Améliorer la lecture verticale : travailler les niveaux d’appel

• Lecture verticale efficace signifie également, outre des choix typographiques installant un vrai confort de lecture, une organisation hiérarchique des éléments dans la page, un vrai travail sur les différents niveaux d’appel :
• Étagement de la taille des titrailles, modes de traitements variés et identifiés(impact et style des titres, surtitres et chapeaux, intertitres)…,
• Choix dans le calibrage et l’ordonnancement papiers (leaders/sous leaders),
• Gestion de l’image (choisir plutôt une grande et une petite que deux moyennes),
• Colonnage structuré (filets/pas filets ?), une grille souple et un système modulaire,
• Outils / clés de lecture (chiffres clés, relance, baromètre, agenda, brèves…),
• Outils correspondant à la culture (télé)visuelle des lecteurs (pictos, infographies),
• Utilisation de la couleur (soutien aux photos, repérage des outils).
Tous ces éléments contribuent, comme dirait Edgar Morin, à un principe de “récursion organisationnelle” : dans une page où les éléments d’information sont éclatés, chacun doit accrocher le regard, permettre un choix de lecture, donner envie de lire l’article, mais aussi contribuer à l’identité du média, à structurer la page…

L’objet, l’identité… et une certaine “divine folie”

L’efficacité d’un journal résulte aussi de considérations liées à l’objet : format, pagination, présence de suppléments, rapport texte/image global. Une réflexion : Le format tabloïd est tendance… car efficace – prise en main pratique, adaptée à des lecteurs urbains (métro, bus, train…), et propice à une gestion modulaire des traitements et des problèmes de rythmes (lectures horizontale et verticale). Une question : quelle identité graphique pour quel lectorat ?
• Quotidien régional (ex La Montagne) : promouvoir une info locale vivante (politique de l’image, légendes, outils) et mise en perspective (du local au global) ;
• Bimestriel (Senso, L’Amateur…) : plus de photos, plus de blanc (élégance, confort) ;
• Féminin/Luxe (Série Limitée, Elle déco) : moins de surcharge graphique et typo, gestion de l’image : une vraie tension entre visuels et publicité, une vraie gestion des formats photo, simplicité et logique d’accès à l’information essentielle.
Des surprises graphiques efficaces (cf relookage de Libération) : navigation et gestion de l’image améliorées + une typo script ludique, fidèle à l’esprit du titre… Pour que le lecteur continue à trouver des surprises au fil des pages, mais aussi les trouve plus vite…

La maquette dans le temps : méthode et confiance

Retouche/refonte graphique, les effets de mode et la méthode : la refonte d’une maquette est régulièrement nécessaire. Mais c’est un travail qui s’inscrit dans le dialogue, dans une relation globale.
• Le véritable talent d’un “art editor”, comme disent les Anglo-Saxons, est de faire de l’information, pas de l’art.
• Vendre un journal dont la forme graphique serait rénovée mais dont les contenus n’auraient pas évolué, revient à dire à l’acheteur d’une voiture neuve que sous la nouvelle carrosserie se cache le moteur de son ancien véhicule.
• De la pérennité de l’imprimé : Roger Black, designer américain, a récemment souligné que si le papier continue à savoir raconter des histoires de manière efficace, il n’a pas de raison de s’inquiéter pour sa survie. Simplement, il faut être visuel et narratif : les jeunes, vos lecteurs de demain ont grandi avec la télévision. Et il faut pister les nouveaux comportements : sous l’influence d’internet, on remarque plus de textes courts, de renvois à des références, de petits encadrés, voire une baisse des tailles de caractères, l’utilisation fréquente des caractères bâton (type Verdana) mais aussi la création de nouveaux modes de navigation (passerelles vers le web, la télé…).